Émissions de gaz à effet de serre, déforestation, consommation d’eau: L’élevage affecte fortement l’environnement.

Cela peut paraître superfétatoire mais pourtant c’est une réalité indéniable que la consommation de viande et l’élevage destiné à l’alimenter représentent la principale source d’émissions de CO2 sur la planète, devant les transports. Seule une diminution de la part de la viande dans l’alimentation permettrait d’endiguer le phénomène.

80 % des protéines végétales produites dans le monde sont données en alimentation aux animaux d’élevages, pour produire donc des protéines animales, 70% des terres agricoles dans le monde sont destinées à nourrir les animaux d’élevages. La production de viande est responsable d’une forte pollution des eaux par les nitrates et le phosphore (par le fumier et les pesticides). Au-delà de son impact négatif sur l’environnement, la viande (et les produits issus des animaux) est de plus en plus montrée du doigt pour ses effets néfastes sur la santé du consommateur.
Les cultures destinées à la production de l’alimentation animale sont en règle générale consommatrices, comme les autres, de pesticides chimiques. Or, on sait combien ces substances sont nocives pour l’environnement: pollution des cours d’eau et nappes phréatiques, morts d’insectes et espèces végétales non nuisibles aux cultures, de formes de vie animale (oiseaux, serpents, …), etc.

Des chiffres alarmants: En 2014, 312 millions de tonnes ont été produites dans le monde, ce qui représente en moyenne 43 kg par personne et par an. Chaque année, ce sont 65 milliards d’animaux qui sont tués (soit près de 2 000 animaux… par seconde) pour finir dans nos assiettes. Cette production massive n’est pas sans conséquences sur notre environnement. Selon la FAO, l’industrie de l’élevage et de la production laitière produit 18 % de tous les GES : 9 % de tout le CO2, 37 % du méthane (qui a un pouvoir de réchauffement au moins 25 fois plus grand que le CO2) et 65 % de l’hémioxyde d’azote. De plus, l’industrie de l’élevage constitue la principale source de pollution de l’eau, autant dans les pays développés que dans les pays émergents. Cette évaluation de la FAO a été confirmée par la suite par d’autres organisations. Un kilogramme de viande bovine équivaut à une émission de 27 kg de gaz à effet de serre (GES, en équivalent CO2), tandis que produire la même quantité de viande d’agneau émet au total 39 kg de GES. Bien loin devant le porc (12,1 kg), la dinde (10,9 kg) ou le poulet (6,9 kg).

Et au Togo ? Au Togo, l’élevage est la seconde source de revenu des populations agricole et représente 16,4% du PIB agricole et 6,73% au PIB national. Le besoin en viande est estimé à plus de 70 mille tonnes par an mais la production nationale ne couvre qu’entre 30 et 40 mille tonnes. Ce qui oblige le Togo à importer de la viande du Niger, du Burkina Faso et du Bénin. En 2010, les importations de viandes et abats avaient coûté 4,94 milliards de FCFA et 6,5 milliards de FCFA en 2012.

Pour couvrir le besoin national et mettre à l’importation qui revient très chère, le gouvernement a entrepris de soutenir le secteur de l’élevage des animaux à cycles court tels que les ovins, les caprins et les volailles. «Le Togo présente un besoin de 70 mille tonnes de viande mais le pays n’arrive qu’à produire entre 30 et 40 mille tonnes. C’est pour combler le gap que le gouvernement a mis en place le projet PASA pour relancer la production animale au niveau national. Dans le cadre qui a été défini, il est question de développer un certain nombre d’activités depuis la production jusqu’à l’amélioration de l’Etat sanitaire de manière à garantir une croissance dans la filière animale », avait expliqué M. Ouro-Koura Agadazi, le ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Pourtant des solutions existent mais vont à l’encontre d’intérêts économiques. Face à l’inertie des pouvoirs publics, des citoyens, des personnalités et des organisations se mobilisent. Ils demandent des mesures énergiques pour faire baisser la production et la consommation de produits d’origine animale.

Comme la consommation de viande augmente, la production mondiale augmente elle aussi. Réduire l’élevage du bétail aurait au moins 5 grandes conséquences positives pour la planète et l’écologie :1- Réduire le taux de méthane rejeté dans l’air ce qui aura pour conséquence directe de réduire l’effet de serre. Quand on sait qu’une vache produit 600 litres de méthane par jour et que les bovins sont 1,4 milliard, il suffit de se mettre aux calculettes pour constater que l’élevage se trouvera au centre des questions et des enjeux écologiques.
2- Réduire la consommation d’eau utilisée pour abreuver le bétail. Des études ont montré qu’une personne consommant de la viande chaque jour multiplie par 4 la consommation indirecte d’eau d’un végétarien. (Dans ce cas, la consommation d’eau indirecte est l’eau nécessaire à la production de la ration alimentaire d’une personne) 3- Réduire le rejet d’azote dans les rivières. 4- Réduire la consommation de pétrole nécessaire à l’alimentation et l’entretien du bétail. 5- Réduire la culture de plantes et céréales destinées au bétail au profit des cultures destinées à la consommation humaine.

Le Togo pourrait aussi s’inspirer de cette assertion pour être dans les rangs. « Un changement mondial vers une alimentation végane [c’est-à-dire sans produits issus d’animaux] est vital pour sauver le monde des pires impacts du changement climatique » selon les Nations Unies.
Ainsi, tout comme une alimentation « classique », il convient d’équilibrer ses repas, de manger varié et de manger des sources de protéines, fer, calcium, etc. Tous ces nutriments sont tout à fait disponibles et de qualité parmi les nombreuses sources végétales.

Par Ekué Kodjo KOUDOHAH

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