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Au Togo, après avoir fait dans les années 80 et 90 la fierté et le bonheur du pays et des cotoculteurs, le coton, considéré à l’époque comme l’or blanc, va peu à peu et à partir des années 2004, connaitre un déclin pour toucher le fond en 2008. Faure Gnassingbé pour redorer le blason de cette filière très importante pour l’économie du Togo, va dissoudre la SOTOCO pour la remplacer en 2009 par la NSCT entendue, Nouvelle Société Cotonnière du Togo avec plusieurs milliards injectés pour redonner vie à cette filière qui emploie et nourrit plusieurs milliers de togolais. Malheureusement, après quelques années de rebond, la filière va retomber dans ses travers.

En effet, de 2009 à 2019, la filière coton a connu un regain de production avec une production qui a oscillé entre 77 851 tonnes et 117 166 tonnes par an au point que la NSCT ait eu pour objectif, 200 000 tonnes à l’horizon 2022. Malheureusement malgré d’énormes moyens de l’Etat injectés dans la filière pour sa relance, la production cotonnière au Togo, repart à la baisse alors même qu’on note une augmentation considérable des surfaces cultivées. Une situation incompréhensible. De nos investigations pour comprendre cet état de chose, il ressort qu’il y a de sérieux problèmes dans les usines dus à une gestion assez approximative des engins et véhicules lourds  à cause  des manquements dans le système de maintenance de ces engins. Ce qui a mis à rude épreuve les efforts et ambitions de relance de la filière affichés par le chef de l’Etat Faure Gnassingbé depuis 2009. Obligeant ainsi le gouvernement à passer à la privatisation de cette société qui jadis, faisait la fierté des togolais, en cédant 51% des actions de l’Etat détenues au sein de la NSCT au géant singapourien OLAM depuis juillet 2020.

Ainsi, d’après nos enquêtes dont l’objectif n’est aucunement de s’attaquer à qui que ce soit mais de faire en sorte que les objectifs  fixés par l’Etat togolais à OLAM soient atteints, il ressort qu’il existerait un vaste réseau au sein de la NSCT  tapis dans l’ombre depuis plusieurs années et qui met en avant ses intérêts personnels au détriment de l’intérêt de la société. Et c’est ce réseau qui constitue la cause profonde de l’échec de relance de la filière coton au Togo par la NSCT comme souhaité par le chef de l’État Faure Gnassingbé. C’est donc ce réseau en complicité avec des sociétés complices, qui s’attèlerait depuis des années, à détourner d’énormes sommes d’argent de la NSCT à travers un système de fausses consultations et/ou participation à des appels d’offre systématiquement gagnés par les mêmes sociétés pour fournir des pièces de rechange pour la maintenance des engins lourds et véhicules de la NSCT. Mais, le comble, ce n’est pas tant le fait que ces mêmes sociétés gagnent le marché mais c’est le fait que les pièces fournies par ces sociétés doivent être remplacées chaque année. Ce qui pose de sérieux doute sur la qualité de ces pièces ou une magouille qui ne dit pas son nom ; confirmant la thèse du réseau tapis dans l’ombre et qui se serait lié de complicité avec ces sociétés pour spolier la NSCT et saper les efforts du gouvernement.  En réalité et selon toujours nos informations, le vrai problème, c’est que ces pièces ne seraient  jamais livrées. Et lorsqu’elles sont livrées, elles ne sont ni d’une bonne qualité ni conforme aux besoins de maintenance, pour lesquelles elles ont été commandées. Ce qui justifie le fait qu’elles sont remplacées chaque année.

Cette hypothèse est d’ailleurs confirmée en 2019 par une mission de l’Inspection Générale des Finances (IGF) qui a tenté de mettre ce réseau hors d’état de nuire avec l’interpellation de plusieurs personnes dont un responsable du département de la maintenance de la NSCT,  mis sous mandat de dépôt pour présomption de  détournement de deniers publics de plusieurs centaines de millions. Ce qui avait permis de ralentir tant soit peu, les ardeurs de ce réseau durant l’année 2020. Malheureusement, profitant de la privatisation de la NSCT et l’arrivée d’OLAM, ce réseau veut reprendre du service. Toujours dans nos investigations, il nous revient qu’un responsable du département de la maintenance, aurait déclaré conforme, des pièces de rechange qui avaient été rejetées pour non-conformité par une commission dans le cadre de la gestion de la NSCT. L’objectif serait donc d’aider la société ayant fourni ces pièces, à se faire payer par OLAM car la NSCT a refusé de payer la facture de ces pièces, jugées non-conformes.

C’est donc le lieu ici pour nous, d’attirer l’attention des autorités togolaises qui font de la lutte  contre la corruption et le détournement des deniers publics, son cheval de bataille,  à y voir clair si elles veulent vraiment que l’objectif assigné à OLAM de booster la production cotonnière au Togo, soit atteint au grand bonheur de la population paysanne. Il en va de même pour OLAM qui doit faire très attention si elle veut atteindre ses objectifs, en restant vigilante surtout dans la commande des pièces de rechange des engins du Park automobile. Car, les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Le réseau au sein de la boite étant toujours là, il continuera ses pratiques très peu orthodoxes. D’ailleurs, selon nos informations, un responsable du département de maintenance aurait poussé les nouveaux responsables à commander des pièces de rechanges pour plusieurs centaines de millions extraites d’une liste d’un appel d’offre dont les résultats sont toujours attendus par les autres soumissionnaires. Seront-elles d’une bonne qualité et conformes aux besoins ? C’est la question, la grande qui reste posée.

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