Secteur prioritaire dans la mise en oeuvre du plan national de développement (PND) en se sens qu’il occupe à lui tout seul l’axe2 de ce programme, le Ministre en charge de l’économie et des fiances, Sani Yaya a  fait de la problématique du financement bancaire de ce secteur, l’une de ses priorités. Une rencontre d’échange a eu lieu ce mercredi entre le ministère de l’économie et des fiances et les Directeurs Généraux des Établissements financiers.

La rencontre a été présidée par le secrétaire général du MEF, Badanam Patoki  au nom de Monsieur le Ministre de l’économie et des finances. En effet, d’entrée du jeu, il a rappeler le triste constate selon lequel le secteur agricole est sous-financé « Le secteur est sous-financé, malgré son importance dans le tissu économique, et les actions initiées par le gouvernement. Les données disponibles indiquent qu’en 2019, seulement 0,2% du total des crédits bancaires a été accordé à ce secteur. Pourtant, il emploie 38% de la population active et contribue à 23% à la richesse totale créée dans le pays. » a-t-il fait remarquer avant d’inviter les premiers responsables des établissements bancaires à faire encore d’avantage « Je voudrais saisir cette occasion pour vous adresser mes remerciements pour votre soutien. Mais les besoins de financement du secteur agricole demeurent très importants. » a rappelé Badanam Patoki, le secrétaire général du ministère.

En outre, les participants à cette rencontre ont quant à eux, évoqué les impacts de la pandémie, les nouvelles orientations stratégiques du gouvernement dans le cadre de la campagne 2020-2021 et la relance du secteur. La présidente des Établissements financiers (APBEF) Odile Affonyo s’est interrogée sur la cause du non financement du secteur agricole «  L’offre de financement agricole reste peu adaptée à la nature systémique des besoins de financement de l’agriculture et peine à couvrir ceux-ci qui sont d’ailleurs mal cernés. La question se pose alors. Pourquoi est-il si difficile de financer l’agriculture » s’est-elle demandée. A la suite de cette interrogation légitime, elle a évoqué les principales difficultés qui font obstacle au financement du secteur agricole à savoir: la méconnaissance du secteur agricole par les banques et certains organismes de financement , les difficultés à retracer la chaine de valeur agricole et le manque de collaboration entre tous les acteurs de la chaine de valeur, la non maîtrise des secteurs et du cycle de production agricole, la question de la rentabilité ou encore l’absence de professionnalisation et d’organisation des filières agricoles, a-t-elle relevé comme obstacle au financement du secteur agricole.

Pour Kossi Ténou, le directeur national de la BCEAO (Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest), la mise en place du Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) par l’Etat va encourager les banques à accroitre leur financement. « Lorsqu’on prend le chiffre de 2019, nous sommes environ 5% de financement de crédit bancaire au secteur agricole. C’est dire donc qu’il y a un effort qui est fait par les banques, mais cet effort demeure toujours insuffisant par rapport aux besoins énormes du secteur. » a-t-il indiqué

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