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L’événement ne fait pas grand bruit dans la presse togolaise ni sur les médias sociaux. Et pourtant il est un symbole entre un responsable politique de l’opposition et un journaliste “analyste politique” qui hier encore prenait faits et causes pour le personnage politique avant de se retourner “contre” lui, plutôt de dire tout haut ce qu’il pense du positionnement et des échecs et postures répétitifs de l’homme politique.

Le 27 février prochain se retrouveront devant le tribunal Firmin Teko-agbo et l’ex chef de fil de l’opposition Jean-Pierre Fabre suite à une plainte déposée par ce dernier contre le journaliste. Il lui est reproché de dire dans ses analyses que la fille de Jean-Pierre Fabre avait bénéficié d’un “favoritisme” pour décrocher un job au sein de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) à Lomé.

Mais bien avant cela M. Fabre avait l’honneur des chroniques de M. Têko-Agbo sur les médias et le politicien le lui rendait bien en l’exposant devant ses partisans et des militants de l’opposition lors des manifestations de la Coalition des 14 partis politiques. Puis survint l’affaire des 500 millions qu’aurait pris Jean-Pierre Fabre en Côte-d’Ivoire pour ne pas contester sa défaite lors de la présidentielle de 2015, une affirmation qui avait rendu vert de rage le patron de l’ANC.

Dans le présent dossier qui va voir les deux hommes se présenter face à la justice il est bien de rappeler l’historique des faits. C’est Abass Kaboua, Président du parti politique Le Mouvement des réformateurs centristes (MRC) qui avait dans un communiqué accusé M. Fabre d’avoir intercédé en faveur de sa fille auprès des autorités pour que celle-ci soit recruté. Un tel communiqué avait fait le chou gras des réseaux sociaux et de certains médias togolais. C’est un tel communiqué qui avait fait l’objet de chronique de Firmin Têko-Agbo. Pourquoi alors une plainte n’avait pas été déposée contre M. Abass Kaboua l’auteur de la sortie reprise sur les médias? Oui la déontologie du métier de journaliste aurait voulu que Firmin Têko-Agbo se réfère à l’accusé Fabre pour avoir sa version des faits avant de faire sa chronique. Mais comment pouvait-il en être ainsi si les deux se vouent une haine viscérale, se regardant en chiens de faïence?

Le plus écoeurant dans cette histoire est le manque de confraternité de la part des journalistes dont certains d’ailleurs auraient poussé le président de l’Anc à porter plainte et attisent le feu.

Le favoritisme dans les embauches à l’emploi existe partout dans le monde. Plus on a la chance d’avoir une connaissance dans une entreprise, ou bien d’avoir des parents qui travaillent ou qui ont travaillé dans une boîte, plus grande est la probabilité d’être engagé. Ce qui pourrait être le cas de la fille de Fabre dont la maman, jusqu’à sa retraite était employée à la Boad. Qu’on ait eu recours à des connaissances au sein du pouvoir togolais pour booster cette candidature ne pose aucun problème. Chacun use ou peut toujours user de ses relations pour avoir gain de cause. C’est une pratique aussi vieille que le monde.

La certitude est que les hommes publics et politiques ne peuvent éviter d’être l’objet de diatribes aussi vraies ou fausses soient-elles. Nulle part au monde ils ne peuvent l’éviter. Et si tous se mettent à porter plainte contre tous ceux qui les accusent à tort ou à raison, formentent des coups et des histoires sur eux, les tribunaux n’auront plus de temps pour régler d’autres problèmes sociétaux plus importants.

La toile togolaise foisonne de faits avérés ou non, de mensonge, de diffamation, d’insultes gratuites contre la classe politique, contre des personnalités, contre des citoyens lambda. Et dans ces faits, le premier des Togolais Faure Gnassingbé a les plus grands détracteurs y compris au sein de son opposition. À supposer un seul instant de vouloir déposer une plainte? Qu’il gagnerait à coup sûr ayant ou pas les juges à sa botte.

Dans ce procès Fabre vs Têko-Agbo, c’est le politicien qui n’en sortira pas grandi. Car la dépénalisation de la presse est une réalité au Togo et un journaliste dispose toujours de la plus belle des armes: sa plume. Ce procès peut donc être évité et l’observatoire togolais des médias (OTM) devrait servir fé canal pour réconcilier les deux hommes publics et réconcilier les deux.

Au nom de la solidarité et de la confraternité, tout mon soutien va à mon confrère Firmin Têko-Agbo que d’ailleurs je ne râte pas dans mes sorties et dont le hasard fait que nous venons du même village.

Place au procès et que Abass Kaboua soit cité à la barre, étant le berceau de l’accusation de “favoritisme” de la fille de Fabre par la BCEAO.

Anani SOSSOU

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