L’une des décisions forte issue des travaux du 62ème sommet des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO a été l’annonce de la création d’une force antiterrorisme et anti-changement constitutionnel. Dans le souci de mener des réflexions en vue de la mise sur pied rapide de cette force, les chefs d’État-Majors des armées de l’espace sous-régionale ont tenu les 18 et 19 décembre dernier une réunion pour réfléchir sur le sujet. Réunion à laquelle étaient notoirement absents les deux pays , le Mali et le Burkina Faso,  considérés comme épicentre du terrorisme dans l’espace CEDEAO.

Si l’idée de la mise en place d’une force antiterrorisme et anti-putsch  est en soit une bonne chose saluée à juste titre par beaucoup, l’exclusion du Mali et du Burkina Faso notamment leurs chefs d’État-majors des réflexions et des stratégies de mise en place de cette force est mal vue dans l’opinion. Car ce sont les deux pays les plus touchés par le phénomène contre lequel l’on veut mettre en place cette force, pose des problème. Et déjà,  beaucoup d’observateurs pensent que l’objectif de cette force serait plus le socond volet de l’idée , une force beaucoup plus antichangement constitutionnelle qu’une force pour lutter contre le terrorisme. Ainsi, il se dit alors que les dirigeants de l’espace CEDEAO seraient plus préoccupé par la préservation de leurs pouvoirs contre d’éventuels putsch plutôt que la résolution du terrorisme qui touche plus la population en occurence malienne et burkinabè.

En effet, rien ne saurait justifier que des chefs d’État major qui ne font véritablement pas face au terrorisme puissent aller discuter de comment mettre en place une force pour lutter contre un phénomène qu’ils ne maîtrisent ou qu’ils ne vivent pas réellement. Car comme disait un célèbre chanteur ivoirien, « entre celui qui a vu le lion et celui qui a entendu le rougissement du lion, les deux n’ont pas la même course ». Ainsi, entre une armée qui vit pleinement les affres du terrorisme et celui qui entend parler, ils n’auront pas ni la même vision ni la même stratégie d’approche de solution. D’où il est il incongru d’écarter même si c’est légal, les pays qui sont occupés à plus 40% de leurs territoire par les terroristes. Surtout que, lors qu’on prend le classement des puissances militaires de la sous-région, le Mali est désormais la troisième puissance militaire de la zone CEDEAO derrière le Nigeria et le Ghana. Loin devant la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Comment dans ces conditions, peut-on vouloir mettre en place une force efficace en écartant la 3eme puissance militaire de la région ? L’on se rappelle que l’une des raisons de l’échec du G5 Sahel est due surtout au fait que le Nigeria, première puissance de la région et l’Algérie, une des bases arrières des terroristes ont été écartés de cette organisation. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, écarter le Mali et le Burkina Faso conduirait à la mort-née de cette force.

Il serait même souhaitable d’élargir cette force antiterrorisme que veut créer la CEDEAO à trois autres pays à savoir Guinée, le Tchad, l’Algérie, la Mauritanie qui sont les bases arrières où les terroristes pour se replier au cas où ces pays ne sont pas impliqués dans la lutte. A moins que les chefs d’Etat de la CEDEAO ne soient plus préoccupés par la préservation de leurs pouvoirs et intérêts, que la sauvegarde des intérêts de leurs peuples, en luttant contre les forces du mal.

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here