Au Togo, la tension monte au fur et à mesure que l’on s’approche de la présidentielle de 2020. Aussi bien dans les états-majors des partis politiques qu’au sein des citoyens, la tension ne cesse de monter d’un cran. Des citoyens ont dans une lettre ouverte saisi plusieurs instances nationales et internationales sur la nécessité d’opérer les réformes profondes avant la tenue de la présidentielle de 2020 au Togo.

En effet, ils brandissent la menace de faire usage de l’article 150 au cas où ces réformes profondes et impartiales devant éviter la concentration des pouvoirs entre les mains du régime en place, ne sont pas faites avant la tenue de cette élection comme le veut le peuple togolais. Ces citoyens togolais estiment en effet que la révision constitutionnelle intervenue le 08 mai dernier n’acquièrent pas l’assentiment des togolais et n’ont pas pris en compte les propositions de réforme de la construction faite par la CEDEAO. Une proposition qui intégrait la rétroactivité de la réforme constitutionnelle.

Les institutions que ces citoyens togolais dont le porte-parole  se trouve être le pasteur Johannes Bavon, ont saisi à deux ce courier sont  la CENI, la Cour Constitutionnelle, à la Commission de la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union européenne et à l’ONU. Ils souhaitent ainsi voir ces organisations intervenir auprès des autorités togolaises en vue de la prise en compte de leurs revendications. Pour eux, il s’agit d’une démarche pacifique qui est due au caractère particulièrement sensible de la présidentielle de 2020 surtout avec l’alerte donnée par les guinéens. Voici l’intégralité de la lettre ouverte


Aux
Gouvernement Togolais
CENI
Cour Constitutionnelle
Communauté Internationale
(Organisation des Nations Unies-ONU
Union Européenne
Union Africaine
Commission de la CEDEAO)
Objet : Démarche pacifique pour la refonte du processus électoral au Togo

Excellences,
Les violences déclenchées en Guinée ces derniers jours relatives à la révision forcée de la limitation du mandat présidentiel, nous alertent, d’abord, sur le processus électoral tel que amorcé devant nous
conduire aux élections de 2020, et ensuite, sur le lendemain funeste de notre pays.

Considérant tout d’abord, que la constitution pour garantir un avenir démocratique doit être générale pour tous et empêcher la concentration des pouvoirs entre les mains d’une seule personne ;
Considérant ensuite que les réformes constitutionnelles du 8 Mai 2019 n’ont pas pris en compte les propositions de la CEDEAO pour une Constitution impartiale ;
Considérant particulièrement le rejet par le régime togolais de la rétroactivité des réformes souhaitée par la CEDEAO à l’image de celles du Septennat en Quinquennat du 24 Septembre 2000 en France ;

Considérant que la conséquence de tout ce qui précède serait une concentration perpétuelle des pouvoirs par le régime ;
Considérant une fois encore, que l’Article 59 réformé de la Constitution ne garantit pas en l’état un verrouillage sérieux de la limitation du mandat présidentiel ;

Considérant enfin, que la carence des réformes institutionnelles et celles du Code électoral n’assurent pas des élections libres et transparentes ;

Nous, le peuple, venons par la présente, d’une part, proposer que des réformes constitutionnelles et institutionnelles dûment démocratiques soient entreprises incluant également que l’initiative du
référendum prévu à l’Article 59 soit exclusivement réservée aux citoyens ;

D’autre part, nous demandons pacifiquement l’arrêt du processus électoral en cours jusqu’à la réalisation des réformes suscitées.

Enfin, nous informons les autorités et institutions nationales ainsi que les organisations internationales, en tête de page, qu’en cas de coup de force électoral en l’absence de ces réformes, nous serons dans l’obligation, en tant que citoyens, de mettre en branle l’Article 150 de notre
Constitution.

Espérant que vous prendrez toujours en compte l’intérêt supérieur de la nation togolaise, veuillez agréer, Excellences, l’expression de notre considération distinguée.

Pour les Citoyens Togolais
Le troisième porte-parole
Pst. Johannes KESINOTO-BAVON

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