La conférence de Ouagadougou en février 2011, qui a permis de lancer la première phase du Partenariat de Ouagadougou (PO) au niveau sous-régional, intitulée « urgence d’agir » ; la conférence de Londres en juillet 2012 qui a abouti à la naissance de FP2020; la réunion annuelle 2015 du PO à Cotonou, qui a permis de célébrer les succès réalisés après quatre années de mise en œuvre du PO et enfin la réunion ministérielle de décembre 2015 à Dakar qui a accentué le momentum, et débouché au lancement de la seconde phase du PO pour la période 2016-2020, intitulée « phase d’accélération » ont été les événements marquants du mouvement sans précédent de repositionnement de la planification familiale (PF) dans les stratégies de lutte contre la mortalité maternelle et de promotion de la planification familiale depuis cinq ans dans la sous-région ouest africaine. Le Togo également pays à part entière de cette communauté, n’est pas resté en marge du mouvement et est embarqué dans le train de la planification familiale.

La planification familiale, ou le planning familial qui est la clé du confort et de la prospérité du foyer, selon le Fonds de Nations unies pour la population ( Unfpa), permet notamment d’éviter les grossesses rapprochées et d’avoir un nombre élevé d’enfants que les parents auront du mal à scolariser et entretenir. Elle offre des services qui permettent aux personnes d’avoir le nombre d’enfants qu’ils désirent, d’éviter les grossesses non désirées, de réduire le risque de transmission des IST/VIH/SIDA et d’améliorer la santé de la mère et de l’enfant.

Le Togo s’engage

Le gouvernement du Togo à travers le ministère de la santé et de la protection sociale  s’est engagé à renforcer le système d’approvisionnement en intrants et l’offre de services de planning familial.  Pour cela, le pays a pris un ferme engagement à contribuer  au programme de partenariat de Ouagadougou « pour 2,2 millions d’utilisatrices de méthodes de PF d’ici 2020 » afin de palier au problème de rupture des intrants Planning Familial  dans les centres de santé.

Le gouvernement entend mettre à cette échéance 141 000 femmes togolaises sous méthodes modernes de planification familiale,  également la mise en place d’un système de contractualisation avec les structures sanitaires privées, en matière de l’offre des services Planning Familial à la population. Ce qu’il a entamé depuis quelques mois avec succès.

D’autres actions sont entreprises par le gouvernement dans le sens de l’atteinte des objectifs du Partenariat de Ouagadougou. Entre autres, le Plan d’Action National Budgétisé de Planification Familiale 2017-2022 du Togo qui établit une vision claire des objectifs stratégiques nationaux en matière de Planification Familiale, un outil de mobilisation des ressources dont le suivi et l’évaluation permettront au Gouvernement de prévoir les ressources nécessaires pour l’atteinte des objectifs définis dans le plan. L’atteinte du taux de prévalence contraceptive moderne (TPCm) de 35,5% d’ici 2022 tient à cœur au gouvernement afin de :réaliser le dividende démographique ; d’améliorer la santé maternelle et infantile et  d’accélérer le développement économique du Togo.

Le Pan  tient compte de l’augmentation du nombre d’utilisatrices additionnelles et des défis relatifs à la disponibilité des produits contraceptifs. Un Plan Stratégique National 2014-2018 de Sécurisation des Produits de Santé de la Reproduction et de Programmation Holistique des Préservatifs au Togo a aussi été élaboré et a pour objectif d’accroitre l’accès et l’utilisation des produits de santé de la reproduction et d’apporter une meilleure stratégie de promotion et de distribution des préservatifs masculins et féminins dans une perspective novatrice de réponses au VIH et au Sida et à l’épineuse question des grossesses non désirées.

En 2015, le Togo a mis en place son Programme National de Lutte Contre les Grossesses et Mariages chez les Adolescentes en Milieux Scolaire et Extrascolaire, pour la période 2015-2019. Le Togo fait face à de nombreux défis démographiques et sanitaires qui ont des conséquences néfastes sur le développement social et économique du pays. La population dont les deux tiers sont âgés de moins de 25 ans et près de la moitié de moins de 15 ans, est très jeune. La revue du Plan d’Action pour le Repositionnement de la Planification Familiale du Togo 2013-2017 a permis de relever des forces et surtout des faiblesses en termes de défis. Comme forces, il y a eu la mobilisation des ressources financières à hauteur de 86,48% ;  l’augmentation progressive de nouvelles clientes additionnelles de 19467 à 24313 entre 2013 et 2016 ; l’augmentation progressive du Couple Année Protection de 222.784 à 297.735 entre 2013 et 2016.

Aperçu général sur la planification familiale: aspects démographiques, sanitaires, et services

Selon le document du gouvernement, le Togo enregistre des taux élevés de mortalité maternelle (3001 pour 100000 naissances vivantes), de mortalité infantile et infanto-juvénile (respectivement 78 pour mille et 124 pour mille). La prévalence contraceptive par les méthodes modernes est passée de 3,1% en 1998  à 11 % en 2006 et 13,2% en 2010. 62% de la population vivent en milieu rural. La répartition de la population en fonction des tranches d’âge montre que 42% de la population ont moins de 15 ans,  31% sont des adolescents de 10-24 ans.

Si dans le pays les besoins exprimés en PF sont estimés à environ 52,4% chez les femmes en âge de procréer, 37,2% restent des besoins non satisfait avec un ’Indice Synthétique de Fécondité (ISF) en 2010 de 4,7 enfants par femme au plan national. En état actuel des choses, le Togo au plus 19 millions d’habitants en 2050 donc plus de 13 millions d’âmes additionnelles en espace de 35 ans avec toutes les conséquences sur le plan de  la santé et surtout de l’éducation.

Sensibiliser et faciliter  l’accès aux méthodes de Planification familiale aux jeunes

Au Togo, il est regrettable que malgré les efforts du gouvernement en matière de planning familial, le taux de grossesses précoces reste encore important d’où nécessité de mener une sérieuse campagne de sensibilisation auprès de la jeunesse, la couche importante et vulnérable du pays. 37,2% des besoins ne sont pas satisfaits en matière de planification familiale. Les grossesses non désirées, les avortements clandestins restent encore très importants. Depuis trois ans, l’USAID, via son programme Agir-PF aide les autorités togolaises à renforcer leurs actions, notamment auprès des jeunes, les premiers concernés, en les incitant à consulter les services de planification familiale en milieu urbain. Donc, Agir-PF vise à accroître l’accès et l’utilisation des services de planification familiale de qualité dans les zones urbaines, en ayant recours aux centres hospitaliers et aux centres de santé, ainsi qu’aux moyens mobiles de sensibilisation et aux services communautaires.

Et l’objectif  de parvenir à une prévalence contraceptive de 22% à la fin de la mise en œuvre du Plan national sanitaire en 2017 aurait été globalement atteint malgré quelques poches de résistances dans certaines localités du pays. L’on déplore toujours le taux élevé de grossesses précoces dans la tranche 15-19 ans.  7% des femmes se marient avant l’âge de 15 ans.

Notons que le Togo est l’un des pays à faible taux de couverture en matière d’offres de service de planification familiale. Cela est dû en partie aux préjugés et rumeurs sur ces services, d’où un appel au changement de comportement. Somme toute, il convient de dire que le Togo est dans l’arène de la lutte  contre la mortalité maternelle et la promotion du planning familial.

Ekué Kodjo KOUDOHAH

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