La gueguerre que se livraient le journaliste Yves Galley et Patrice Agboli sur les réseaux sociaux ces derniers jours s’est finalement terminée hier au Scric (Service central de recherches et d’investigations criminelles), ancien SRI. Patrice Agboli qui devait choisir entre un procès en bonne et due forme, et faire amende honorable, a choisi la seconde option, celle de la sagesse.

« Bonsoir mes amis.
Après notre comparution au SCRIC de ce soir suite à la plainte déposée par Yves GALLEY contre ma personne j’ai décidé en toute humilité de présenter mes excuses sincères à mon frère Yves GALLEY pour atteinte porter à son honneur.
J’ai dis
Patrice AGBOLI. » (sic), c’est par ce petit texte publié sur les réseaux sociaux que, en fin de soirée, depuis le Scric, Patrice Agboli informait le grand public de l’issue de la confrontation avec Yves Galley devant les officiers de la police judiciaire.

Les faits font suite à un article publié par le journaliste dans sa parution du 28 juin 2019, titré: « Affaire NSIA/Xénéphobie: le Synbank glisse le Togo sur un terrain dangereux. » Patrice Agboli, secrétaire chargé à la communication de Synbank, réagit le samedi 29 juin, via un groupe de discussions whatsapp, contre le contenu de cet article, accusant l’auteur d’être à la solde des directeurs généraux de Nsia. Une réplique de Yves Galley s’en suit, Patrice Agboli l’appelle au téléphone et le menace. Avant de dégainer à nouveau sur les réseaux sociaux, s’adressant à Yves Galley: « Je ne suis pas à 20 000f près comme la réponse du sale boulot que NSIA ta confié » (sic).

Dépassé, le journaliste porte plainte entre les mains du procureur de la République pour atteinte à l’honneur, diffamation et menace, des faits prévus et punis par le Code pénal. Un soit-transmis du procureur a donné pouvoir aux agents du Scric de convoquer les parties pour enquête préliminaire. Et sur toute la ligne, c’est Yves Galley qui aurait remporté la bataille judiciaire.

« C’est la victoire de toute la presse. Un minimum de respect pour les journalistes. C’est trop facile de nous accuser de prendre de l’argent pour écrire contre quelqu’un ou pour défendre une cause. C’est la prédation de la liberté de la presse. Dans un état de droit, comment concevoir qu’une prise de position d’un journaliste puisse lui valoir menaces et diffamation par un membre de syndicat qui dit ne pas être d’accord avec un article publié. Il y a des voies légales pour répondre au journaliste, ou pour l’assigner en justice. Heureusement, nous avons connu ce soir un dénouement heureux. Mon honneur a été lavé, je suis satisfait. Et je dis merci à monsieur Patrice Agboli pour l’humilité affichée. », nous confie Yves Galley au sortir des locaux du Scric.

Cette démarche du confrère est un acte de bravoure, une première dans la presse togolaise. Généralement, ce sont seulement les journalistes qui sont traduits devant les tribunaux pour apporter les preuves de leurs écrits. La tendance vient d’être renversée.

Dorénavant, les uns, avant de taxer un journaliste de corrompu, de vendu, d’acheté et l’accuser d’avoir accompli une sale besogne pour son ventre, réfléchiront par deux fois, et tourneront leur langue sept fois.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here